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INTRVIEW - Jamel SASSI l'invité de coujinti.com
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Arrivant sur les planches du 4ème art en tant qu’amateur, Jamel Sassi a entamé une riche carrière, affectant  depuis, théâtre, cinéma ainsi que  télévision.
Lors de cette interview, Mr Jamel Sassi nous a parlé de son parcours artistique et nous a fait visiter son monde d’acteur avec  beaucoup d’humour et d’acuité  pour nous parler de ses rêves et des  œuvres dont il avait joué.

1/ Qu’est ce qu’on peut connaitre sur  votre parcours ?

Mon orientation théâtrale a commencé depuis 1975 au théâtre scolaire du collège Sadiki avec Hamadi El Mezi. Ensuite, j’ai essayé d’affiner mes connaissances en m’inscrivant en 1978 au théâtre des amateurs, pour les enrichir après par une formation de deux ans (1985 – 1987) au sein du théâtre National, qui m’a ouvert les portes au professionnalisme…
Au début, j’ai joué dans des pièces destinées  aux enfants ,puis, j’ai  assisté à la réalisation de « kawalisse » de Mongi Ben Brahim pour décrocher en 1987 un rôle pour adulte dans une pièce de Kawther Ben Mansour, et c’est à partir de là que ma carrière a commencé pour participer ensuite à plusieurs pièces du répertoire mondial  avec les piliers du théâtre tunisien dont je site Mohamed Idris, Rached El Manai, Abdelhamid Gaies, Ridha Drira…au théâtre National, et Bechir  Drissi, Abdelaziz El Meherzi  … Avec la troupe de la ville de Tunis .
Ensuite, les choses ont énormément évolué.. j’ai participé à l’ouverture de diverses festivités comme  les « Journées théâtrales de Carthage »  en 1987, le « Festival de Carthage », le « Festival de Hammamet »…etc, j’ai même participé à l’exposition  de certains œuvres en dehors de la Tunisie, à Malaga_ Espagne par « wanes lekloub »de  Mohamed Idris, à Milan _  Italie dans le cadre de la semaine du théâtre tunisien en 1991, par  « wanes lekloub » de Mohamed Idris, « Elaoueda » de Fadhel El jaziri et Fadhel El Jaibi et « mémoires du dinosaure »de Rached El Manai, d’ailleurs ces dernières ont cartonnée, chose qui nous a amené à les jouer une seconde fois…et puis, en France, en Grèce, en Syrie, au Maroc…Et récemment, j’ai effectué au japon une formation de quatre mois en kabuki : genre théâtral japonais où alternent dialogues, chants et danses.
Entre temps, j’ai joué dans pas mal de longs-métrages  dont je site  « Halfaouine, l'enfant des terrasses » de  Férid Boughedir1991, « Zazous de la vague » (Al-Zazouet) de Mohamed Ali Okbi - 1992,  « Un Eté à La Goulette »  de Férid Boughedir - 1996,  « Télé arrive » de Moncef Dhouib - 2006 …jusqu’à arriver à « cinecitta » de  Ibrahim Letaïef -2009… Aussi j’ai interprété tant de rôles  dans divers court-métrages  tel que «La guerre du Golf et après » de Nouri Bouzid… 

2/ En tant qu’amateur, est ce que vous avez trouvé un bon encadrement ?
Non, alors là, pas Du tout.. 

3/ Et maintenant, les choses ont-elles changé ?

Non plus…en fait, un acteur Actif est toujours accaparé par son travail, occupé par ce qu’il a à faire, donc évidemment il ne va s’apercevoir des nouveaux talents pour les encadrer ..ça revient  aux nouveaux amateurs de dénicher eux même les opportunités qui se leur présentent  et  de voir de près ce qui se passe sur les plateaux et pendant les répétitions pour  forger et bâtir leurs personnalités en tant qu’acteur.. Puisque ceux qui sont normalement sensés de former ces jeunes, sont malheureusement loin d'être  formés pour le faire, de plus, il leur manque le sérieux, la connaissance des techniques du théâtre,  sans oublier l’absence de l’assiduité dans leur travail... se disant que ce qu’ils font ce n’est juste  qu’un divertissement et un passe temps...
Maintenant, on ne trouve sur la place que des jeunes issues des castings et qui ne cherchent  que le succès rapide  et de se faire une petite fortune sans avoir vraiment un bon bagage et une bonne culture pour briller et devenir une star. 

4/ Vous avez commencé par le théâtre puis par le cinéma ? Dans quel art vous vous sentez plus à l’aise ?

Dans l’absolu, je me trouve plus à l’aise dans tout ce qui est fait avec cœur, délicatesse et amour, mais plus particulièrement au théâtre…
Pour moi, le cinéma est un instant plat, un point mort, un passage anéanti, car une fois la seine tournée, l’acteur devrait réduire sa concentration. il doit incarner le personnage de son rôle, une fois claqué « action »,  pour être ensuite  immobilisé dans des bobines ou pellicules sans ajouts ni modifications par contre au théâtre l’acteur vit le personnage avant, pendant et après la présentation, à chaque fois ou la pièce se termine l’acteur pense déjà à la prochaine et ce qu’il fera pour perfectionner encore plus son rôle.
les passages Au théâtre sont ardents, renouvelables à chaque instants et  modifiables à chaque présentation même si le texte, le contexte et le cadre sont les mêmes.. Ce qui change c’est la manière de jouer le rôle, de l’apercevoir, de le sentir et de le vivre. Ici,  l’acteur se réjouit par la préparation de son rôle  pour éprouver sur scène toutes ses émotions et régaler par le plaisir de vivre le dédoublement différemment  à chaque spectacle. 

5/ Quel est parmi vos œuvres celui qui vous tient à cœur ?

Bah !! Il n’ya pas qu’un seul qui m’a estampé. Au théâtre, j’ai beaucoup aimé le rôle lotfi  au  «Paradis sur terre » De Rached Manai, aussi, j’ai adoré ce que j’ai fait  dans « Mourad III »de Mohamed Idris.
Pour la télé j’ai admiré le personnage « Abdelmajid Mahrous »du feuilleton ramadanèsque « Gamret Sidi Mahrous » de Slaheddine Essîd, histoire très touchante qui reflète le comportement d’un fils unique, trop gâté, dominé et effacé par sa maman face aux facteurs socio-économiques de l'époque coloniale en Tunisie ainsi que celui  joué dans « Anber Ellil » 

6/ Pourquoi les scénarios évoque le passé en faveur du contemporain ?

Ecoutez ! Si les sujets élaborés  n’évoquaient que le passé, cela ne peut traduire qu’une forte pénurie de textes et un manque  de scénaristes qui  relatent notre quotidien ( ils préfèrent le cinéma d’auteur)  ainsi que  l’absence d’une industrie du cinéma. Malheureusement nos films ne cessent pas de tomber dans l'haie de répétition.. Ils sont souvent “confinés” dans un “hammam”, dans une “médina” ou encore derrière des événements historiques datant d’au moins une cinquantaine d’années et qui n’ont rien à voir avec ce qui se passe de brûlant dans le monde. Ce qu’on reproche donc à ces hommes de cinéma, c’est d’être en marge de la société moderne avec ses bons et surtout ses mauvais côtés.  

7/ Pourquoi malgré l’ouverture de nouvelles chaines télévisées, la fiction dramatique tunisienne est encore effacée de nos petits écrans vis-à-vis de l’étrangère (turque essentiellement)?
 
Et ben à cause du sport !  Maintenant on chante vive le sport !! si on ouvre la télé, que ce  soit Tunis 7 ou Hannibal tv, on trouve 75% des programmes  ne  parlant que de football, c’est pas de leur faute, en fait c’est la culture et la manière de penser des gens qui les amènent à suivre ce chemin et à négliger les programmes culturels.
La seule chose que je leur reproche, c’est que les programmes culturels sont diffusés tard dans la soirée, donc je me demande quand est ce qu’un téléspectateur pourrait  les regarder.. et avec la rage de foot, la vague des feuilletons turques et la pénurie de nos travaux, on ne pourrait jamais changer l’appétence du public et l’orienter vers l’art, chose, selon mon avis, pourrait inhiber  la création et la diversification. 

8/ Dernièrement on vous voit plus  sur le petit écran, ça revient à quoi ?
  
C’est dû !!. à mon âge. En fait, auparavant je répondais aux critères demandés par les réalisateurs, maintenant j’ai franchie  la tranche des jeunes, en plus les réalisateurs ne veulent pas gaspiller ni le temps ni l’effort pour chercher qui pourrait faire quoi.. ils intègrent juste des modèles prêts qui ont déjà jouer un rôle semblable pour éviter tout gâchis alors qu’avec un peu de maquillage tout pourrait être au point de l’art et du rôle.

 

9/ Pourquoi on commence à voir Jamel Sassi dans des petits rôles ?
 
Je ne fais pas le figurant, mais je joue des petits rôles aux quels je m’investi âme et chaire  pour donner de mon mieux et dont je suis fier...L’essentiel pour moi c’est de créer et ne pas rester bras croisés même si c’est pour des petits rôles…et c’est pas la grandeur des passages qu’on puisse juger un rôle..C’est à sa façon de l’interpréter et de le présenter qu’on puisse lui attribuer valeur. 

10/ L’acteur est il un métier du quel un comédien pourrait vivre ?

Absolument pas… dans notre pays l’art est comme une Lotto un jour en haut l’autre en bas.. on vit une telle fluctuation au point qu’on ne peut pas prétendre ce qui nous cache le lendemain… ce qui pousse l’acteur à se ridiculiser et à faire du n’importe quoi juste pour gagner son pain. 

11/ Pour conclure pourriez vous nous répondre brièvement sur ces quelques questions ?

  • Quel est le principal trait de votre caractère ? L’engouement, la fascination et l’amour de mon métier
  • Quel est le défaut auquel vous êtes moins fier ? Nerveux et  je prends tout au sérieux.
  • Quel est le rôle dont vous rêviez de le faire ? Je ne sais pas !! en fait j’ai pas un précis.
  • Quel est le rôle dont vous moins fier ? Mon rôle au « Marechal «  dans sa globalité, en fait notre travail est enchainé et tout est relié..Dès lors,  si quelqu’un badine son devoir, la pièce se bouse et l’acteur ne trouvera plus le goût pour donner..
  • Quel est le réalisateur avec qui vous adorez travailler ? bah ! au télévision Salh Essid, au théâtre Mohamed Idriss, et au cinéma Farid Boughdir
  • Quels sont vos projets futurs ? Un feuilleton ramadanèsque avec Ezdine El Harbaoui et la pièce théâtrale  « Ashab » texte de Naser Ben Hassine réalisée par  Jamal Sassi  et jouée par Jamel Madani, Houssine Leghribi et kaouther Lakhmiri et qui est en cours d’exposition et qui sera présenter plusieurs manifestations artistiques comme les Festivals d’été, pendant les Journées théâtrales de Carthage  du 12 au 22 Février et très prochainement au Maroc et un peu partout hors de la tunisie

Un dernier mot : merci pour votre accueil chaleureux, j’étais ravi d’entretenir avec vous, la vérité je me suis senti très à l’aise.. et j’espère qu’à travers votre site coujinti.com, je  m’approche encore de tout ceux qui m’aime et apprécie mon travail et de tous nos chers expatriés qui ont toujours de la nostalgie pour leur pays et aime « l’odeur du bled »
Merci.

Jamel Sassi sur coujinti.com en vidéo


Auteur : interviwvé par Rim SASSI

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